Le net est un outil formidable. Un exemple est la communauté DIY (ou plutôt les multiples communautés) sur le net. Il permet à des femmes (et une poignée d'hommes) qui n'auraient pas l'opportunité (espace, temps etc...) de se rencontrer et d'échanger. Le net nous permets d'apprendre, tout ce que nous avons voulu savoir, et bien plus encore, sur la couture, le tricot, le crochet en veux tu, en voilà... Le net est également une source d'inspiration sans fin, pour le meilleur et pour le pire, le début de l'année nous a mis brutalement devant le pire.

Mais le net est également un peu fourbe. En effet, chacun ne montre que ce qu'il veut et le romance à sa façon. A en croire les supers maman/DIY du net, tout est beau, lumineux, facile. On a même les photos des enfants souriants et sans le son :-). Cette communauté qui à l'origine est plutôt tournée vers une consommation lente, le recyclage, le plaisir de faire soi même etc... est devenu une sorte de course à la consommation: qui parvient à faire tous les nouveaux paterns dans ze tissu du moment le plus vite possible... Avec tous les commentaires de "oh mais comment tu fais, tu es for-mi-dable"... Bref a little strange...

J'ai toujours fait à ma manière du DIY, j'ai été élevée comme ça, par une maman prof de "vie pratique" en quelque sorte en angleterre. Enfant, j'ai appris à coudre, à cuisiner, à dessiner et à me débrouiller. Pas très douée, j'ai toujours chercher à m'exprimer de cette manière sans un succès incroyable, mais un plaisir immense.

J'ai repris mes activités à l'âge adulte après avoir acheté notre premier appart', et devant le meubler, l'habiller et jardiner. Celà m'a permis de me rapprocher de ma mère décédée lorsque j'avais 13 ans. Et je crois qu'à partir de là, j'ai doucement entamée la descente vers une dépression de plus en plus profonde. Je me rapprochais d'elle sans y parvenir, et sans non plus parvenir à m'exprimer comme je le souhaitais.

Depuis mon enfance, je suis également boulimique. Et finalement, cette mode du DIY m'a permis d'exprimer cette boulimie avec les achats également. J'ai accumulée une quantité de choses impressionante. Cette accumulation m'a procuré le plaisir d'avoir de belles choses, mais également le stress d'avoir une to do interminable, avec le web qui proposait toujours plus d'idées...

Bref, un jour tout ceci n'a plus été tenable. Couplé d'un travail très prenant et stressant, de deux enfant en bas âge et d'une maison en travaux, la dépression nerveuse est arrivée en juin 2013. Je me suis soignée, et maintenant je reviens avec prudence, mais beaucoup de plaisir.

Le plaid vasarely a une histoire très importante pour moi. Il a été l'ouvrage pendant lequel il a fallu que j'accèpte que j'étais malade, mais également l'ouvrage pendant lequel je me suis soignée. Le finir a été pour moi comme mettre une fin à cette guérison. Je n'ai pas eu envie de le garder, car il me rappelle des moments très difficiles, mais le voir me rend fière. J'ai gagné, et je suis maintenant une autre femme. Je sais que tout n'est pas terminée, mais j'ai passé un point de non retour.

Donc, avec un an de retard, voici ma version du plaid vasarely. Je suis fière de mon travail et du résultat.

IMG_0056Un tigre vit chez la propriétaire

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IMG_0082Réalisé en Cascade éco écru, gris claire et chocolat. Crocheté en 6. Bord en fushia éco +.

Je sais que sa nouvelle propriétaire en prendra autant soin, qu'elle a pris soin de moi <3